7° étape (vendredi 16 mai) : Vasto-Perscocostanzo (179 km).
Au nez et à la barbe de tous les leaders, Gabriele Bosisio a remporté la septième étape du Tour d'Italie, la première à se conclure en altitude, à Pescocostanzo (1454 mètres d'altitude). Le coéquipier de Di Luca & Savoldelli chez LPR, qui remporte là la victoire la plus prestigieuse de sa carrière, s'est imposé en solitaire après près de 160 kilomètres d'échappée, devant Vasil Kiryienka et Emmanuelle Sella, à qui il avait fauché compagnie quelques kilomètres plus tôt. Le meilleur grimpeur a franchi la ligne d'arrivée en larmes : "J'ai fait tant d'efforts pour gagner, s'est lamenté un inconsolable Emanuele Sella. J'y ai cru dès le départ. J'étais sûr de pouvoir disputer la victoire d'étape à Gabriele Bosisio jusqu'à cette malchance qui m'est tombée dessus. J'ai été victime d'une crevaison et tout s'est envolé. C'est vrai que j'ai le Maillot Vert de meilleur grimpeur, mais je suis tellement malheureux d'avoir perdu de la sorte". Son compatriote Giovanni Visconti, fort de sa large avance acquise la veille, conserve le maillot rose de leader.
Le duel tant attendu entre le jeune loup Ricardo Ricco et l'expérimenté régional de l'étape, Danilo Di Luca, tous deux candidats à la victoire finale à Milan, n'a donc pas eu lieu. Ou si peu. Tout juste le tenant du titre, soucieux de plaire à ses supporters, a-t-il lancé une escarmouche à une quinzaine de kilomètres de l'arrivée. Ricco a immédiatement répliqué, suivi comme son ombre par Alberto Contador. La victoire d'étape hors de portée, les trois hommes, accompagnés du lieutenant de Ricco, Leonardo Piepoli, avec qui il faudra compter, se sont contentés de «gérer» dans l'ascension finale, même si Di Luca parut un temps lutter plus que les autres. Au terme d'un léger sprint, le leader de la LPR devançait finalement sur la ligne son jeune compatriote, alors qu'Alberto Contador cédait quelques secondes.
Si la victoire au sommet leur a échappé, les deux Italiens et l'Espagnol auront tout de même eu la satisfaction non négligeable d'avoir creusé des écarts relativement conséquents sur d'autres candidats au podium. Les Pelizzotti, Menchov, Klöden et autres Simoni ont en effet tous concédé 50 secondes environ au trio. Le vainqueur du Giro 2008 est peut-être à chercher dans ce trio Di Luca-Ricco-Contador.
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Gabriele Bosisio, vainqueur de l'étape: "On a suivi le plan fixé au départ. (Daniele) Pietropolli et moi devions aller dans les échappées, Danilo (Di Luca) avait prévu d'attaquer. Puis l'échappée a pris plus de champ que prévu et l'équipe m'a laissé carte blanche pour le succès d'étape. C'est vrai que Danilo voulait gagner l'étape, chez lui, mais son grand objectif est de gagner le Giro. A l'arrivée, il était très content de la journée, de ma victoire d'étape et du temps qu'il a pris. La crevaison de Sella? Je l'ai apprise après la course. J'ignore ce qui se serait passé. On avait parlé tous les deux pendant l'étape, on se méfiait surtout de (Félix) Cardenas. Par rapport à mon expérience du Giro en 2004, la course est différente. Il y a beaucoup plus d'échappées, les équipes des sprinteurs ne contrôlent pas car elles ne pensent pas pouvoir gagner les étapes. Du coup, c'est un Giro où l'on accumule beaucoup de fatigue."
Emanuele Sella, 3e de l'étape & meilleur grimpeur : "Avec Baliani, nous avons fait tant d'efforts pour gagner. J'y ai cru depuis le départ. J'étais sûr de pouvoir disputer la victoire avec Bosisio jusqu'à cette malchance qui m'est tombée dessus à 7 kilomètres de l'arrivée. J'ai eu une crevaison et tout s'est envolé... Je cours après une victoire d'étape dans le Giro depuis celle de Cesena (2004). C'est vrai que j'ai le maillot vert de meilleur grimpeur, mais je suis tellement malheureux..."
Riccardo Ricco, vainqueur de la 1° étape : "Ca ne s'est pas passé comme on l'espérait, mais on peut être satisfait, ne serait-ce que parce que l'on y voit un peu plus clair. Par exemple, Contador, qui a toujours dit ne pas être en forme, nous a raconté des bêtises. Quelqu'un qui était à la plage il y a dix jours ne peut rouler ainsi, même s'il est un phénomène. Je regrette qu'il n'ait pas voulu collaborer dans notre échappée. Nous nous sommes un peu énervés, avec Piepoli, parce que nous voulions qu'il nous aide. Il n'a rien voulu savoir. C'est une étape qui me donne confiance pour la suite. Avoir à mes côtés un coureur tel que Piepoli sera un grand avantage dans les prochaines étapes de montagne."
Leonardo Piepoli, meilleur grimpeur 2007 : "Je connais Contador et je n'ai jamais cru qu'il était venu au Giro pour s'entraîner. S'il était à la mer avant de venir et de marcher aussi fort, alors je ferais de même avant d'aller à la Vuelta."
Danilo Di Luca, tenant du titre (2007) : "C'est un Giro très tactique. Encore aujourd'hui, avec une échappée de plus de trente coureurs.... Plusieurs équipes sont très fortes. Le bilan ? Nous avons gagné l'étape et pris des secondes importantes à pas mal de coureurs."
Alberto Contador, vainqueur du Tour de France 2007 : "J'ai touché mes limites. Les trois (Ricco, Di Luca, Piepoli) allaient très fort. Mais je ne pensais pas avoir ce niveau."
Gilberto Simoni, vainqueur des Giro 2001 & 2003 : "Nous avons dû assumer la poursuite derrière l'échappée, avec Astana et la Saunier Duval. Quand Piepoli a attaqué, on a tous compris que Ricco allait y aller. J'ai vu beaucoup de rugissements, mais peu d'actions de lion. Je ne me souviens pas d'un Giro aussi dur. C'est un Giro très nerveux, qui peut réserver des surprises. La route est encore longue jusqu'à Milan. Attention à Piepoli..."
Classement de la 7° étape :
1. Gabriele Bosisio (ITA, LPR Brakes-Ballan) les 176 km en 4h45'51" (37,0 km/h)
2. Vasil Kiryienka (BLR, Tinkoff Credit Systems) à 46 sec.
3. Emanuele Sella (ITA, CSF Group-Navigare) à 1'02"
4. Felix Cardeñas (COL, Barloworld) à 1'33"
5. Danilo Di Luca (ITA, LPR Brakes-Ballan) à 2'04"
6. Riccardo Ricco (ITA, Saunier Duval-Scott) m.t.
7. Leonardo Piepoli (ITA, Saunier Duval-Scott) à 2'07"
8. Alberto Contador (ESP, Astana) à 2'10"
9. Davide Rebellin (ITA, Gerolsteiner) à 2'55"
10. Franco Pellizotti (ITA, Liquigas) m.t.
Classement général :
1. Giovanni Visconti (ITA, Quick Step) en 32h03'01"
2. Matthias Russ (ALL, Gerolsteiner) à 9 sec.
3. Gabriele Bosisio (ITA, LPR Brakes-Ballan) à 5'43"
4. Danilo Di Luca (ITA, LPR Brakes-Ballan) à 7'27"
5. Emanuele Sella (ITA, CSF Group-Navigare) à 7'36"
6. Felix Cardeñas (COL, Barloworld) à 7'46"
7. Riccardo Ricco (ITA, Saunier Duval-Scott) à 7'53"
8. Daniele Nardello (ITA, Serramenti PVC Diquigiovanni-Androni Giocattoli) m.t.
9. Alberto Contador (ESP, Astana) à 7'56"
10. Franco Pellizotti (ITA, Liquigas) à 8'11"
Classement par points :
1. Daniele Bennati (ITA, Liquigas) 50 pts
2. Riccardo Ricco (ITA, Saunier Duval-Scott) 44 pts
3. Gabriele Bosisio (ITA, LPR Brakes-Ballan) 33 pts
Classement de la montagne :
1. Emanuele Sella (ITA, CSF Group-Navigare) 36 pts
2. Gabriele Bosisio (ITA, LPR Brakes-Ballan) 19 pts
3. Felix Cardeñas (COL, Barloworld) 16 pts
Classement des jeunes :
1. Giovanni Visconti (ITA, Quick Step) en 32h03'01"
2. Matthias Russ (ALL, Gerolsteiner) à 9 sec.
3. Riccardo Ricco (ITA, Saunier Duval-Scott) à 7'53"
Classement par équipes :
1. CSF Group-Navigare (IRL) en 95h28'54"
2. Astana (LUX) à 31 sec.
3. Tinkoff Credit Systems (ITA) à 35 sec.
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